ROUHET, les propriétaires.

Sources : Histoire de Chatelleraud et du Chatelleraudais de Charles Claude Lalanne 1859 / Modeste Lahaire

La seigneurie de Rouet de Florence de Rouhet au marquis de la Rochethulon

Les terres de Rouhet
Rouhet dépendait de la Seigneurie de Chatelleraud, l’une des trois plus anciennes vicomtés du Poitou, qui avait été donnée en apanage par un comte du Poitou au puîné de ses enfants (IXème siècle). C’est une mouvance. Elle porte hommage plein au devoir de 3s et aux aides.

Seigneurs et propriétaires

  • 1350 Tassin de Tarses, du chef de Florence de Rouhet, sa femme
  • 1370 Florence de Rouhet, veuve de Tassin(ou Tascon) de Castel et Jehanne de Rouhet, sa sœur, femme de Jehan Chaubin se partagent l’hébergement de Rouhet par acte du 3 février 1370, sans autre précision.

Ensuite, ce fief appartint à l’ancienne famille de Lisle-Jourdain puis passa à la famille de Combarel, par le mariage d’Huguette de Lisle avec Pierre de Combarel, le 21 avril 1417.

  • 1437 Pierre de Combarel, neveu de Hugues de Combarel, évêque de Poitiers et Huguette de l’Isle, sa femme, par donation entre vifs de Marguerite de Colombiers, tante d’Huguette, veuve de Messire Cymes de Saint-Martin, chevalier.

Pierre de Combarel  obtint du roi, au mois de Novembre 1443, l’autorisation de fortifier son château.
En 1450 ou 1470, les deux époux firent construire la chapelle du Saint-Esprit dans le château de Rouhet. Il firent agrandir l’église de Beaumont en faisant bâtir la chapelle de droite, de style gothique flamboyant qui prit le nom de chapelle seigneuriale Notre-Dame-de-la-Recouvrance
En reconstruisant les voûtes, il y plaça ses armes et celles de son épouse qui étaient « d’or à six fleurs de lys de gueules », que l’on retrouve dans le blason de l’Isle-Jourdain.
La première de ces chapelles était chargée d’une messe chaque dimanche en l’honneur de la Trinité et la seconde de trois messes par semaine, le lundi, le mardi et le vendredi, et elles furent dotées de 25 livres de rente.

Combarel fit l’acquisition en 1473 de la tour de Caillebon sise près de son château de Rouhet et relevant de l’échevinage de Poitiers, à cause de l’aumônerie de Longesves, dans la paroisse de Beaumont et appartenant à l’Hôpital de Chatelleraud en 1859).
Les deux époux furent inhumés dans la chapelle de Notre Dame de la Recouvrance, dans l’église de Beaumont.
Armoiries : « D’argent semé de fleurs de lys de gueule au chef de même »

1453    Jean de la Béraudière, seigneur des Sourches par son mariage avec Néomaye de Combarel, fille de Pierre de Combarel et Huguette de L’Isle.

Par ce mariage, Rouhet et une partie des terres de l’Isle Jourdain passèrent à la maison de La Béraudière, à laquelle il devait appartenir pendant plus de trois siècles.
Au fil des décennies naquirent plusieurs héritiers du domaine : tout d’abord François qui épousa Marcelline Duboys puis Jean-François.

  • 1499 Jean-François de la Béraudière, seigneur de l’Ile Jourdain, chevalier de l’ordre du Roi. Il avait épousé le 5 novembre 1499 Jeanne Barthon de Montbas, fille de Bernard et de Marie de Seuilly. Au fil des décennies naquirent plusieurs héritiers du domaine : tout d’abord François qui épousa Marcelline Duboys puis Jean-François.

De ce mariage sont nés plusieurs enfants :
l’aîné appelé François ; 
Son frère Marc de la Béraudière fut sous Charles IX, capitaine de cinquante hommes d’armes, chevalier de l’ordre de Saint-Michel et se distingua beaucoup à la bataille de Dreux et à celle de Jarnac aux côtés d’Henri III. Marc est l’auteur d’un livre intitulé «Seul à seul en champ clos». Ce livre dédié au roi fut imprimé à Paris, chez Abel Langellier en 1608.

  • François de La Béraudière, frère aîné de Marc épousa Jeanne de Tournemine, fille du marquis de Coêtmur et de Lucrèce de Rohan
    De cette union naîtra
    Louis de la Béraudière, marié avec Louise de La Guiche. Leur fille appelée aussi Louise, fut une des beautés célèbres de «l’escadron volant» de Catherine de Médicis.
    Louise de la Béraudière, aimée d’Antoine de Bourbon, roi de Navarre en eut un fils Charles de Bourbon que son frère Henri IV affectionnait beaucoup

Louise de la Béraudière de l’Isle-Rouhet
Louise, également dénommée « la belle Rouhet » ou encore Madame de Combault dans les salons de Montaigne, fut demoiselle d’honneur de Catherine de Médicis, alors régente. Sa beauté très remarquée par la Cour ne laissât personne indifférent : aussi fut-elle la maîtresse d’Antoine de Bourbon-Vendôme, devenu roi de Navarre à la mort de son beau-père de par son mariage avec Jeanne d’Albret, et futur père d’Henri IV dit le Vert Galand. Mais elle ne se contenta pas de le déniaiser car de cette liaison officielle, elle eût un fils naturel : Charles III de Bourbon, demi-frère d’Henri IV qui l’affectionnait particulièrement

Elevé au château de Pau avec son demi- frère Henri IV dont il gardera un souvenir inaltérable, il fit construire à Rouhet un escalier et une tour qui rappellent quelque peu la résidence des rois de Navarre.

Louise de la Béraudière, veuve du baron d’Estissac puis de Robert de Combault laissera Rouhet à son oncle René.

  • René de la Béraudière. Il fut un des commissaires de la noblesse du Poitou chargés en 1529 de lever les sommes pour lesquelles elle contribuait dans la rançon du roi François 1er  et l’un des députés de la noblesse du Duché de Chatelleraud chargés de la représenter au procès-verbal de la réformation de la coutume du Poitou en 1559.
    Lieutenant de compagnie de Monsieur de la Trémoille, il se jeta dans Poitiers avec ses compagnons d’armes pour aider cette ville à soutenir le choc de l’armée protestante en 1569. On voit dans Liberge qu’il conduisait la compagnie de M. de la Trémoille
    René de la Béraudière était panetier ordinaire du roi et il avait épousé en 1533 Madeleine du Fou, fille de François, seigneur du Vigean, échanson du roi, et de Louise de Polignac. Il n’eut de ce mariage qu’un fils nommé François
  • François de la Béraudière, Marquis de l’isle-Jourdain , seigneur de Rouhet, chevalier de l’ordre du roi justifiant  sa parenté avec le célèbre Du Fouilloux, guidon de la compagnie de M. de Montpezat, lieutenant de la vénerie des rois Charles IX, Henri III et Henri IV et gouverneur pour Sa Majesté en son duché de Chatelleraud.
    Il avait épousé Jeanne de Lévis, fille de Claude, chevalier, baron de Cousans et d’Henriette de Montpezat. Il en eut deux fils Philippe-Emmanuel et le second nommé François étant devenu veuf d’Isabeau de Dorinans, fut abbé de Nouaillé. C’est en cette qualité que le 21 juin 1610, il prononca l’oraison funèbre de Henri IV.

  • Philibert-Emmanuel de la Béraudière, seigneur de l’Isle Jourdain et de Rouhet marié à Françoise Taveau, fille de Jean, baron de Morthemer. De ce mariage naquit un fils,
  • François de la Béraudière dit marquis de L’Isle Jourdain et de Rouhet. Il fit partie du ban des nobles de la Basse-Marche convoqué en 1635, et prit pour femme demoiselle Gabrielle Bonnin de Messignac.
  • François-Anne de la Béraudière, dernier de la branche, marquis de l’Isle-Jourdain, capitaine de gendarmes. Il épousa Madeleine Le Texier d’Hautefeuille.
    « d’or à l’aigle éployée de gueules, armée, lampassée et couronnée de sinople ».
    Ils eurent deux filles, Marie-Anne qui épousa Barthon , marquis de Montbas et l’aînée Françoise-Marguerite de la Béraudière qui mourut en1809 à son château de Rouhet. Elle a été enterrée dans la chapelle devant l’autel.

DOM*

« …dans l’espérance de la résurrection glorieuse.
Ci-git demoiselle Françoise-Marguerite de la Béraudière, 
Dernière  de sa branche née le 20 avril 1717 décédée le 8 septembre 1800.
Elle fut l’agrément de la société par son esprit,
Le soutien de l’indigence par sa charité,
Et l’honneur de la religion par sa piété »
REQUIESCAT IN PACE

*Deo optimo maximo D.O.M. est une locution latine qui signifie « à Dieu très bon, très grand »

C’est alors que Rouhet passa dans la famille de Hautefeuille.

  • 1800 Joseph Texier d’Hautefeuille, chevalier des ordres royaux et militaires de Saint-Louis et de Saint Jean de Jérusalem, maréchal des camps et armées du roi, comme donataire universel et par usufruit de Françoise Marguerite de la Béraudière, sa tante.
  • Gaston de Lavau, héritier des Hautefeuille par sa mère Mlle de Blancménil.
  • vers 1814, Emmanuel-Philippe Thibaud marquis de la Rochethulon. Le marquis de Rochethulon acheta alors Rouhet. il acquit ces terres des héritiers de Françoise-Marguerite de la Béraudière. C’est de M. Gaston de Lavau encore très jeune que fut acquis Rouhet. Cette terre fut réunie alors à celle de Beaudiment.
  • 1895 Rouhet passe à sa belle fille Agathe Taillepied de Bondy, la propriétaire la forêt de Bondy où Charles VI devint fou.
  • 1924 ou 1926, après sa mort Rouhet fut vendu à Monsieur Louis Joseph Marque
  • et c’est sa fille Gisèle mariée à Jean Dugourgeot qui en hérita en 1978.

Les propriétaires actuels ont entrepris d’aménager ce qui pouvait être sauvé. Ils ont du mener une lutte sauvage contre la végétation qui était sur le point de tout envahir. Ils doivent malheureusement aussi faire face à des dégradations et des intrusions.

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