La puissance des seigneurs de Beaumont

Avant de commencer, quelques précisions de vocabulaire !

La féodalité est définie par François-Louis Ganshof comme « un ensemble d’institutions créant et régissant les obligations d’obéissance et de service de la part d’un homme libre appelé « vassal » envers un autre homme libre qu’on appelle « seigneur » et des obligations de protection et d’entretien (par le fief) du seigneur envers son vassal ».

Dans l’organisation de la société féodale, l’hommage est le contrat qui lie les seigneurs et leur vassaux. L’hommage lige  oblige le vassal plus étroitement vis-à-vis du suzerain que l’hommage simple, notamment au regard du service d’ost (service militaire).

Les seigneurs de la tour de Beaumont dépendent directement de la vicomté de Chatelleraud. Ils sont soumis à Hommage lige, au devoir de 12 livres : c’est ce qu’ils doivent verser au seigneur de Châtellerault.
Ils disposent du droit de haute, moyenne et basse justice avec droit d’usage dans la Moulière confirmé par Charles VIII en 1484. La Justice seigneuriale de la tour de Beaumont s’étendait dans les paroisses de Beaumont, de Saint-Léger, Saint-Cyr, Dissay et St-Genest d’Ambière.

Le châtelain avait le droit

  • d’instituer tous les officiers dont les appellations ressortaient par-devant le juge de la sénéchaussée de Châtelleraud,
  • de créer notaires et sergents,
  • de mesures à blé, vin*, huile, aunage (mesure des étoffes), toutes épaves, confiscations et d’indire aux quatre cas.

L’indire était un impôt par lequel un seigneur pouvait doubler ses rentes ou les revenus de ses terres, et donc les taxes que lui payaient ses vassaux.
L’indire aux quatre cas : le seigneur ne pouvait exiger l’indire que dans quatre cas exceptionnels : pour un voyage outre-mer, pour une nouvelle Chevalerie, pour payer la rançon du seigneur prisonnier de guerre et pour le mariage d’une fille. 

Septembre : le foulage du raisin, dans les Heures dites « de Chappes », de Jean de Montluçon, Bourges, vers 1490, Arsenal Ms 438, folio 9 ©BNF

*Droit de vin ou banni : le seigneur avait le droit d’empêcher qu’il ne se vendit en détail, d’autre vin que le sien pendant quatre à six semaines, selon le lieu. Le vin vendu devait provenir des vignes du seigneur ou de son pressoir.

Le châtelain avait aussi les droits de prééminence tant utiles qu’honorifiques attachés à la seigneurie châtelaine suivant la coutume de comté et pays du Poitou. C’est à dire à la Tour de Beaumont :

  • droit de guet et de garde par tous les hommes levants et couchants dans l’étendue de la châtellenie ; Il consiste pour les vassaux à participer à la surveillance et à la défense des portes du château
  • droit de foire au lieu de la Tour de Beaumont, le jour des octaves de Notre-Dame de la mi-août, des octaves de la Toussaint, de Saint-Georges et de Saint-Blaise.
  • droits des foires qui se tiennent à St-Laurent-des-brosses, la première le jour de St-Laurent et l’autre le jour de St-Jean-Nicolaise
  • droit des marchés du mardi de chaque semaine se tenant au lieu de la Tour de Beaumont
  • droit de quart et demi sur tous les marchands vendant sel, les jour des dits marchés et foires seulement, suivant la permission accordée à un chacun de vendre sel les dits jours, en date du 15 août 1538
  • droit de faire courir la bague à cheval le jour de Notre-Dame d’août, sur la place, devant le château de la Tour de Beaumont, par les bacheliers de la paroisse de Beaumont. Ceux-ci devaient aller frapper au maillet à la porte de château et à celle du château de Baudiment et saluer les seigneur et dame et donner une paire de gants blancs
  • droit de litre funèbre au dedans et au dehors de l’église paroissiale de Beaumont, en conséquence de la transaction passée entre le seigneur de la châtellenie de la Tour de Beaumont et MM. les chanoines de l’église Notre-Dame de Poitiers le 13 décembre 1532
  • droit de chapelle dans cette église proche du grand autel, côté de l’évangile (côté à gauche de l’autel, dans une église, en faisant face à l’autel. Le côté droit est dit « côté de l’épître »)
  • et enfin droit de pêche dans la rivière des Pallus, depuis son embouchure à remonter jusqu’au moulin Dubois.

Mouvance et devoirs

La mouvance est l’ensemble des fiefs soumis à l’hommage et donc rendant hommage au seigneur de la Tour de Beaumont. Ce sont :

  • La Motte-Guinemaut, au franc devoir de six deniers tournois, de tiers en tiers an (tous les trimestres)
  • Le Puy-de-Monfaucon, sans désignation d’hommage
  • Les Roches de Colombiers au devoir d’un épervier prêt à mettre sur le poing ou d’un chapeau de rose, avec les foires et repaireHabitation noble, maison forte, dépourvue de droits seigneuriaux et spécialement de droits de justice) de Saint-Léger-la-Pallu. Ce fief fut donné, en 1417 à Guy des Essarts par Marie de Mathas, Dame de Clervaux, à condition qu’il servirait le susdit hommage.
  • Le fief de la Tourette
  • la châtellenie d’Avanton. D’elle dépendaient encore une partie de l’hôtel de la Bardonnière, l’Hôtel de la Fontaine, La Couture et l’Hôtel de la Jalletière.

Sources : Beauchet-Filleau Dictionnaire historique biographique et généalogique et Charles-Claude Lalanne Histoire de Châtelleraud et du Châtelleraudais

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