Petites histoires de Beaumont


Souvenirs des années d’après-guerre

Souvenirs de Robert Bourdy

La place de Beaumont
Au sommet de la butte, la Place était le nombril de la commune. Quadrilatère herbeux d’une centaine de mètres de coté, cerné par une unique bordure de maisons.



Sur la droite en arrivant de la vallée, le marchand de vin, Monsieur Gaborit dont le chai était de l’autre côté de la rue, face à l’école des garçons ; puis la forge de Pierre Vieillefault, le puits communal, la maison et le jardin de la famille Cyr, les bâtiments de Madame Bugeant, l’école des filles.
Venait alors un petit emplacement où stationnait l’hiver l’alambic de Monsieur Morisset.
Plus loin, la maison de Monsieur Blain, la cordonnerie, le café Cyr, la Boulangerie. Un peu plus bas, l’épicerie Aurioux, le presbytère et l’église.
En remontant, sur la droite, la Mairie, la recette buraliste et l’école des garçons. 

A la Tricherie, on passait et les commerces se développaient. 

A Beaumont, on montait pour affaires !

La Tricherie : Route nationale 10 – Coopérative agricole – Station essence

Arriver sur la place se méritait. De quelque côté que ce soit, il fallait monter.
À une époque où les véhicules étaient rares, les bicyclettes un peu moins mais astreintes à des bons de pneus et de chambres à air distribués parcimonieusement – sans compter qu’il ne fallait pas fainéanter sur les pédales – on se déplaçait le plus souvent à pied.

Songez aux enfants, ceux de la Tricherie, de Longève ou de Brétigny qui, chaque jour, quelles que soient les intempéries gravissaient le Beau Mont pour venir à l’école !

Mais tous ceux qui le faisaient étaient récompensés, surtout à la descente, par le magnifique paysage qui s’étalait sous leurs yeux : la vallée du Clain et sa rive droite dont la perspective s’étendait relativement loin.

Des personnages qui ne passaient pas inaperçus

Monsieur Gaborit, le marchand de vin, allure sévère mais mélomane compétent. Sous l’autorité de sa baguette, il avait mené la fanfare et la clique à un niveau honorable.
Elles étaient reconnues par la population et récompensées dans les concours régionaux.

Pierre Vieillefault, le forgeron, passionné d’histoire et surtout celle de la commune ; son atelier était proche du puits communal et lorsque je venais me ravitailler, il ne manquait jamais de me questionner. Si je ne pouvais répondre sur le champ, je faisais des recherches et lui portais réponse lors d’un prochain passage.

Une famille Cyr avec de nombreuses filles…

Philippe Bugeant et sa mère : les on-dit prêtaient à Philippe de nombreuses aventures de jeunesse, ce qu’il ne démentait pas.

La famille Blain Abel, vigneron comme la plupart des exploitants agricoles sur ces coteaux de Beaumont bien exposés.

Le cordonnier André Paré : un habile artisan cultivé et jovial, qui accueillait tout le monde : clients, passants et même les enfants des écoles avec cordialité et mots de bienvenue si bien que rares étaient ceux qui passaient devant la cordonnerie sans en escalader les marches du perron en fer et s’attarder à faire causette. C’est que la conversation avec André n’était jamais insignifiante. Mélomane, il maîtrisait le banjo, la trompette et le cornet à piston. C’était un personnage, un ami que je ne saurais oublier.

Le seul café de Beaumont, celui de Julien Cyr. Y attenait une salle de bal qui servait pour la danse bien sûr, mais aussi de salle de réunion ; on y projetait des films, s’y tenaient les répétitions de la musique et les leçons de solfège.
A l’intérieur du café s’affairait son épouse, Suzanne, qui avait l’œil à tout et accueillait chaleureusement les arrivants. 
Je me souviens de son petit dernier, Michel, élève assidu et appliqué, avide de savoir.

Là aussi il était difficile de passer sans s’arrêter après l’effort de la côte, de ne pas se désaltérer chaudement ou fraîchement selon les saisons en faisant la causette avec les habitués.

La place, habituellement calme et tranquille s’animait grandement lors de la foire du 27 avril, de la fête de la Saint Vincent et lors des cérémonies officielles dont les participants défilaient précédés par la fanfare et les autorités en faisant le tour avant de s’arrêter devant le monument aux morts.

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