Histoire de la Mairie et des Écoles à Beaumont

La première mairie et les écoles

Après la Révolution, la première mairie est l’église, lieu habituel des rencontres des habitants d’un village. Pendant quelques années, par exemple, les annonces des mariages sont affichées à la porte principale de l’église, « lieu ordinaire de nos publications». C’est en 1815 que l’on voit apparaître la mention de  chambre commune dans les comptes rendus  du Conseil Municipal. La toute première chambre commune de Beaumont  est louée mais le lieu en est inconnu. Par contre les premiers budgets qui ont été retrouvés aux archives départementales, prévoient les crédits pour le fonctionnement de la chambre commune :

– 1818 frais bureau du Maire : 40 F

– 1833 réparations faites à la mairie, bois et lumière : 44,50 F

– 1843 loyer et entretien maison commune : 40 F

C’est en 1860 que la ligne budgétaire consacrée au loyer disparaît.

En effet, le Conseil municipal réuni le 18 mai 1853 sous la présidence de  Louis Fabien Mériot, vote à l’unanimité la construction d’une chambre commune pour servir de mairie et un budget de 1000 F pour ce faire.

extrait du comte rendu du Conseil Municipal

« Cette chambre sera placée dans le bourg à l’emplacement qui se trouve au couchant de la place le long du chemin de moyenne » (actuellement angle de la place du 11-Novembre et de la rue de la Perrière).

Le 30 juin 1855, le Maire présente à son conseil municipal le plan du projet dressé par l’agent voyer Trevet dont le devis s’élève à la somme de 1156 francs 55 centimes. Le projet est approuvé. Le 16 septembre  1855, en présence du maire, de deux membres du conseil, du receveur municipal et de l’agent Trevet les travaux vont être attribués par  « adjudication au rabais à l’extinction des feux ». À l’extinction de la 3 bougie les travaux sont attribués à un entrepreneur de Marigny-Brizay moyennant la somme de 913 francs 68 centimes, y compris les honoraires de l’architecte et les frais de l’adjudication. La construction peut débuter.

Mais dans le même temps commence à se poser la question de la maison d’école. Il existe déjà dans un lieu, non connu, une salle pour les garçons. À cette époque et ce malgré une loi datée du 28 juin 1833 qui stipule qu’il sera fourni à tout instituteur un local convenablement disposé, tant pour lui servir d’ habitation que pour recevoir les élèves, ce local est petit et ne dispose d’aucunes commodités. Il est vrai qu’à cette époque la fréquentation de l’école n’est pas régulière. Dès que les parents ont besoin d’aide, les garçons ne vont plus à l’école. Cette situation perdure. Pour exemple cette décision du conseil municipal en 1905 :

« Le Conseil Municipal considérant qu’à l’époque des vendanges presque tous les élèves abandonnent la classe pendant une semaine au moins pour aider parents ou amis demande, en accord avec l’institutrice et l’instituteur que ces derniers fassent en Août une semaine de plus qu’ils ne devraient pour donner congé à leurs élèves pendant une semaine à l’époque des vendanges, en général en octobre »

Quant aux filles, à l’initiative de Mme de la Rochethulon, des religieuses de l’ordre de la Sagesse de Saint André ont ouvert une école. Celle-ci se trouve rue de la petite Valette et le Marquis de la Rochethulon s’est engagé à les loger et à payer la somme nécessaire pour l’entretien de trois religieuses.

La maison d’école

Des crédits restant disponibles le Conseil  propose la construction d’une maison d’école.

Extrait d’un  compte rendu du Conseil Municipal du 13 juillet 1856.

« Le maire soumet à l’approbation du Conseil Municipal les vœux exprimés par les plus imposés et les conseillers municipaux réunis le 26 mai, de consacrer à la construction  d’une maison d’école (annexe de la mairie adjugée le 2 septembre 1855) les 418 francs 10 centimes restant à dépenser sur l’impôt extraordinaire voté le 24 janvier 1854… »

 Cette maison d’école sera donc  située dans le même bâtiment que la mairie et l’instituteur doit disposer d’une pièce au rez-de-chaussée et de deux chambres à l’étage. Or le 3 avril 1860 un membre du Conseil demande au Maire de faire exécuter au plus tôt la construction de l’escalier menant au 1er étage. Visiblement, il y a un problème !

Un échange de courrier entre le Préfet, le sous-préfet, l’inspecteur d’académie, l’architecte voyer datant de 1862 ou1863 laisse à penser qu’il existe une certaine mauvaise volonté de la part de la Municipalité quant aux travaux à exécuter pour finir la maison d’école. A cette date les enfants, au nombre de cinquante, sont entassés dans une pièce de 24 m2. La pièce destinée à l’instituteur est occupée par la mairie et  l’escalier n’est toujours pas construit.

Au fil du temps la cohabitation mairie/école pose de plus en plus de problèmes. La municipalité tente d’y remédier en achetant  des bâtiments et des terrains jouxtant le 1er bâtiment pour y implanter de nouvelles classes, une cour de récréation…

Les problèmes deviennent insurmontables dès lors qu’en 1936 les enfants doivent être scolarisés jusqu’à l’âge de 14 ans. Il ne reste qu’une solution : déplacer la mairie.

La maison d’école des filles

La construction ou la mise à disposition d’un bâtiment pour les filles n’est absolument pas du goût de la municipalité.

En 1882, le conseil municipal, présidé par le maire, M. Bellot, prend acte du fait que le Conseil Départemental de l’Instruction Publique a décidé la création d’une école publique de filles à Beaumont. Le conseil municipal estime qu’il n’y a pas utilité d’une telle école puisqu’il existe une école privée, tenue par des religieuses depuis 30 ans et que celle-ci donne toute satisfaction. Il met en avant le fait que la commune « n’a reculé devant aucun sacrifice pour développer l’instruction des garçons ».

En décembre 1882, l’inspecteur primaire donne rendez-vous au maire afin de trouver une location pour l’école des filles. L’administration propose un bâtiment jugé malsain par le conseil municipal qui rappelle le manque de finances de la commune.

À partir de cette date, s’engage un bras de fer avec le Préfet.

10 janvier 1883 : un arrêté préfectoral  donne à l’inspecteur le pouvoir d’agir au nom de la commune. L’inspecteur conclut un bail avec l’ancien instituteur, M. Bouchet désormais à la retraite, pour louer une maison lui appartenant. Puis le Préfet met la commune en demeure de voter les crédits nécessaires pour régler le loyer, que la municipalité considère  exagérément onéreux.

En 1885, face au refus du maire, le Préfet fait ouvrir d’office un crédit de 181 F pour régler cette location. En mai 1886, la commune est mise en demeure de régler cette location.

Le Conseil capitule mais annonce qu’il va rechercher une location beaucoup moins onéreuse et surtout beaucoup plus saine. Sa recherche restant vaine, la municipalité décide en Février 1889, de faire intervenir un architecte afin de rechercher les lieux convenant au mieux à  l’implantation de ce bâtiment.

Les devis sont établis en septembre 1890 pour construire sur un terrain appartenant à la commune au  bord de la place. Il sera construit une seule classe ainsi que le logement de l’institutrice. C’est M. Fraudet, architecte à Châtellerault qui a estimé le projet à 15 000 F. La subvention de l’Etat étant de 31%, il est décidé un emprunt de15 000 F, remboursable en trente annuités. Cet emprunt servira également à procéder à des réparations urgentes à l’école de garçons.

Cette école devient vite trop petite, soixante-quinze filles sont inscrites. En 1903, la décision est prise de construire une deuxième classe et le logement de l’institutrice adjointe.

Ecole des filles avant sa transformation en mairie

L’extension de l’école de garçons et de filles et le déménagement de la mairie

Malgré les divers agrandissements de l’école de garçons, la cohabitation mairie-école pose de nombreux problèmes et tout particulièrement des problèmes de place tant pour les salles de classes que pour les cours extérieures. Ces derniers deviennent cruciaux dès lors qu’en 1936 la scolarité devient obligatoire jusqu’à l’âge de 14 ans. 

Il ne reste qu’une solution : déplacer la mairie.

En octobre 1936, un accord est conclu avec M. Eugène Girault qui accepte de vendre une parcelle de terrain attenant aux bâtiments scolaires ainsi qu’un immeuble. En mars 1937, le conseil municipal décide d’acquérir :

– un terrain de 906m2 touchant l’école de garçons à l’ouest ;

– un immeuble situé sur la place, près de l’église, comprenant trois grandes pièces au rez-de-chaussée et un corps de bâtiment, trois grandes pièces à l’étage, une entrée cochère, une cour, un puits et une grange.

Le terrain situé près de l’école sera affecté à l’agrandissement des locaux scolaires : préau, réfectoire, cour de récréation. 

L’immeuble  lui, sera en partie affecté au service scolaire et postscolaire : une vaste salle commune dite salle de réunion au rez-de-chaussée et à l’étage une bibliothèque. La mairie elle, occupera deux pièces au rez-de-chaussée. 

Toujours plus de besoins pour l’école !

Après la 2ème guerre mondiale, Beaumont est devenu une localité industrielle (usine Lefort, SANCA) et près de  deux cents enfants fréquentent l’école.

Les élus cherchent par tous les moyens à faire face. Ils vont décider alors d’utiliser un baraquement situé sur la place pour l’accueil des mosellans en 1939, afin d’y installer la cantine. En 1947, ils étudient la création d’une 3e classe de garçons. Elle sera réalisée en 1950 (coût 900 000 F dont subvention de l’Etat 678 600F).

– en 1952, il est envisagé la création d’une 4e classe par acquisition d’une maison à la Tricherie dans laquelle serait également créée une école enfantine. Projet abandonné.

– en 1959, la décision est prise de construire une classe supplémentaire à l’école des filles mais l’Inspection Académique en réclame deux, une pour les filles et une classe enfantine. Toutefois le terrain prévu initialement pour cet agrandissement n’est plus disponible par suite de la construction du château d’eau, ce qui nécessite de nouvelles recherches.

– en 1969 : gémination des classes : il faut envisager un nouveau groupe scolaire.

Après la construction du nouveau groupe scolaire les services de la mairie occuperont l’ensemble de l’immeuble situé près de l’église, qui subira des aménagements et des agrandissements. Malgré ces modifications, cette mairie n’était plus du tout fonctionnelle. M. Grémiaux, maire jusqu’en 2014, et son conseil municipal, feront réaménager l’ancienne école des filles. La nouvelle mairie sera  inaugurée à la veille des élections de 2014. 

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