Dans cet article, qui sera publié en plusieurs fois, vous trouverez les informations concernant tout d’abord des généralités sur la création des institutions au moment de la révolution française de 1789 et leur fonctionnement. Mais aussi tous les maires de la commune de Beaumont.
Les premiers temps (1792-1830)
La Maison commune : les hommes
Selon la 1ère loi municipale du 14 décembre 1789, les 44 000 communes créées, presque toutes des anciennes paroisses, ici celles de Beaumont et de Moussais sont dirigées par une municipalité élue dont le chef portera le nom de maire.
Les élections sont censitaires : les électeurs doivent être âgés de 25 ans au moins, ne doivent pas être domestiques et doivent payer une contribution correspondant au minimum à un salaire de 3 journées de travail. Sont élus un corps municipal et une assemblée de notables parmi ceux qui payent un impôt équivalent à 10 jours de travail. Bien évidemment les femmes ne sont pas concernées.
Le corps municipal et l’assemblée de notables se réunissent pour les affaires les plus importantes et forment le conseil général de la commune. Un bureau constitué du 1/3 des conseillers est chargé d’administrer les affaires de la commune, le maire n’étant que le président du bureau sans lequel il ne peut prendre aucune décision. Le maire est élu par les conseillers. Les premières élections ont lieu en février 1790

Les registres paroissiaux tenus par le prêtre perdurent tout au long de l’année 1790. Au début de l’année 1791 apparaissent les registres de baptêmes, mariages et sépultures de la paroisse de Beaumont, municipalité de Beaumont, canton de Vouneuil, district de Châtellerault, département de la Vienne. Mais ces registres sont toujours tenus par Jean-Louis Paillé, curé de Beaumont. C’est le décret du 20 septembre 1792 qui laïcise l’état civil.

En novembre 1792, le suffrage universel est institué (uniquement les hommes), puis la Constitution de l’an III (1795) regroupe les 44 000 communes en 10 000 entités cantonales avec à leur tête un président, élu par l’ensemble des hommes du canton, doublé d’un commissaire du Directoire nommé par le gouvernement.
Il faut attendre l’année 1793 pour voir apparaître :« aujourd’hui 21 novembre 1793, par devant moy Gervais Paillé [frère du curé Paillé], officier public membre du Conseil Général, élu en cette place le 8 décembre dernier pour dresser les actes destinés à constater les naissances, mariages, décès des citoyens, est comparu en la salle publique de la maison commune… ». Par contre à cette époque-là, le maire ne semble pas intervenir dans la tenue de l’état civil.

Sauf le 7 brumaire an III (28/10/1794) où l’on peut lire « pardevant moy, François Vatrain, maire de la commune de Beaumont faisant au lieu et place du citoyen Gervais Paillé… » François Vatrain pourrait donc être l’un des premiers, sinon le premier maire de Beaumont.
François Vatrain décède le 27/09/1796 et à nouveau l’état civil est confié à des « agents municipaux » le nom du ou des maires nous est donc inconnu.
Le 30 ventose an VIII ( 21/03/1800 ) Fabien Sébastien Mériot le Jeune est agent de la commune faisant les fonctions d’officier public … Et le 12 floréal an VIII (02/05/1800 ) Fabien Mériot le jeune est maire de la commune faisant fonction d’officier public. Il le restera jusqu’en 1832, année de son décès.
De par la loi du 28 pluviôse an VIII (1800), les maires et les adjoints deviennent des fonctionnaires, nommés par le Premier Consul. Ils peuvent être choisis en dehors du conseil municipal. Le maire est seul chargé de l’administration municipale. Les conseillers n’ont qu’un rôle consultatif et ils sont choisis sur une liste de notabilités.
Les temps changent …
Nouvelle loi électorale : le 21 mars 1831. Maire et adjoints continuent à être nommés par le roi mais ils sont choisis obligatoirement parmi les conseillers municipaux élus pour 6 ans. Les électeurs doivent avoir plus de 21 ans et être parmi les plus imposés de la commune.
À Beaumont, en mai 1832, Pierre Dubreuil remplace Fabien Mériot, mais il décède en janvier 1833. En février 1833 le maire est Antoine Millet, 44 ans, propriétaire cultivateur et père de quatre enfants. La révolution de 1848 permet de faire l’expérience du suffrage universel masculin et en1852, retour en arrière. : Maires et adjoints sont nommés par le pouvoir exécutif et peuvent être choisis en dehors du conseil municipal, élu quant à lui au suffrage universel.
De mars 1835 à octobre 1870, à Beaumont, Louis Fabien Mériot occupe le poste de maire auquel lui succède de 1870 à août 1893 François Bellot qui décède en Aout 1893
A la suite de la proclamation de la République en 1871, les maires de l’Empire sont écartés. Le gouvernement nomme des présidents de commission. Ce n’est qu’en 1882 ( loi du 28 mars) qu’est adopté définitivement le système de l’élection du maire par les conseillers municipaux. La loi du 24 avril 1884 confirme l’élection du maire par les conseillers, élus au suffrage universel masculin. Le vote a lieu au bulletin secret et à la majorité absolue. Conseil et maire sont élus pour 4 ans.
Liberté, égalité, fraternité
« Liberté, égalité, fraternité » la devise de la République Française depuis 1848 sera inscrite sur le fronton des édifices publics à partir du 14 juillet 1889.
Pour les premières élections qui suivent la guerre 1919, le mandat est prorogé jusqu’en 1925. Le mandat est de 4 ans mais la loi du 10 avril 1929 porte définitivement le mandat municipal à 6 ans.
Le 21 avril 1944 paraît une ordonnance du Comité Français de la libération nationale. Cette ordonnance décrète que jusqu’au jour où il sera possible de procéder à des élections régulières, les conseils municipaux élus avant le 1er septembre 1939 seront maintenus ou remis en fonction. Toutefois sont dissoutes les assemblées communales nommées par l’usurpateur ainsi que les délégations municipales créées depuis le 1er septembre 1939. Sont révoqués de leurs fonctions, les maires, adjoints et conseillers municipaux qui ont directement favorisé l’ennemi ou l’usurpateur.
Seront tour à tour maires de la commune de Beaumont, de 1893 à 1900, François Cougnault, de 1900 à 1904 Fernand Berger, de 1904 à 1919 Bousset et de 1919 à 1929 Jacques Robert, instituteur.
De 1929 à 1944, ce sera Eugène Faulcon né le 29 octobre 1892 à Beaumont. En novembre 1944, le préfet dissout le conseil municipal et met en place une délégation municipale présidée par Gabriel Baliteau né à Jaunay-Clan en 1878, chargé d’organiser de nouvelles élections municipales. Cette décision préfectorale est la conséquence directe d’une ordonnance d’avril 1944 qui stipule que tous les conseils municipaux élus avant septembre 1939 sont maintenus dans l’attente de l’organisation de nouvelles élections, sauf les conseils qui ont directement favorisé l’ennemi et qui sont révoqués.
Qui furent les maires à Beaumont après la guerre 1939-1945 ?
- 1945 – 1946 : Fernand Berger (1900-?) né à Saint-Georges-lès-Baillargeaux le 29 novembre 1873 dit Berger des portes rouges, cultivateur.
- 1946 – 1947 : Damien Paul Rossignol (1883-?) né à Beaumont le 29 janvier 1883, viticulteur à Pineau.
- 1947 – 1959 : Adrien Morgeau (1887-?) né à Beaumont le 14 janvier 1787 cultivateur.
- 1959 – 1961 : Alfred Liège (1917-1999) né à Benassay le 7 décembre 1917 et décédé le 20 avril 1999 à 81 ans, cultivateur à Pineau.
- 1961 – 1965 : Pierre Rossignol (1921-2014) né à Beaumont le 12 février 1921 et décédé le 30 juillet 2014 à Poitiers, à 93 ans, cultivateur à la Tricherie.
- 1965 – 1966 : Georges Busseau (1901-?)
- 1966 – 1971 : Norbert Bergeon (1906-1977) né à Marigny-Brizay le 6 juillet 1906 et décédé le 17 janvier 1977 à 70 ans, agriculteur à Pineau.
- 1971 – 1977 : Jeanne Kaës (1922-1977) née à Paris le 3 avril 1922 et décédée le 23 décembre 1978 à 56 ans, institutrice.
- 1977 – 1983 : Raymond Grand, militaire à la retraite
- 1983 – 2001 : Louis Ducros (1930-2025), né à Saint-Junien (87) le 17 mai 1930 et décédé à Poitiers le 16 mai 2025 à 94 ans, avocat
- 2001 – 2014 : Dominique Grémiaux, expert comptable
- 2014 à ce jour : Nicolas Réveillault (1975-) né à Beaumont le 17 janvier 1975
On remarque que jusqu’aux années 60, les maires sont tous travailleurs de la terre.
PAILLÉ : le nom d’une famille investie dans la paroisse puis dans la commune
Recherches effectuées par Ghislaine, Jean-Louis Bringer et Françoise Bergeon.

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